La montagne et la bibliothèque
(BNF, Paris 13ème, 11h 15)
Séraphin est né sur la paille, dans une grange accrochée à la montagne. Il a grandi bercé par les sonnailles, le souffle du bétail, le silence de la neige, le cri de la buse, le jet du lait dans le seau, les aboiements des chiens et le vent dans la cheminée. Il a grandi dans un pays où on marche penché et où on parle peu, un pays de cailloux, de prairies et d’arbres courts où les maisons sont grises et les toits noirs, un pays où les nuits fourmillent d’étoiles, où les hautes crêtes retiennent le soleil. Un jour il est parti, il a remplacé son bâton de berger par une sacoche d’étudiant et a débarqué à Paris. Totalement inadapté aux bruits de la ville, il changeait chaque mois de quartier, jusqu’à ce qu’il découvre celui de la Bibliothèque Nationale de France. Ici, il y a de grands espaces vides, des sommets, des arbres plantés dans les hauteurs, on ne court pas sur les trottoirs, il y a une distance raisonnable entre chacun, et il y a la bibliothèque, ses quatre hautes tours, à l’intérieur un silence feutré et autant de livres qu’il y a de pierres dans sa montagne. Et surtout ce bois au centre, tout en bas, au pied des tours, comme un vallon oublié. Séraphin aimerait y dormir un jour, à la belle étoile, attendre au matin que les tours laissent passer le soleil.

Un buen lugar en el que asentarse y dejar que el tiempo pase. Me gusta ese encuadre que elegiste.
RépondreSupprimerAbrazo