lundi 10 mai 2021


Aurore boréale

(Abbaye d’Orval, 8 mai, 19h10)

C’est un songe au couchant

devant deux petites fenêtres

et une vigne vierge

sur un mur de grès jaune.

Le foyer au centre de la tente,

la fumée qui s’élève

par le trou entre les perches,

le manteau de peau

posé sur un banc, 

la main qui tourne le bouillon

dans la marmite de fer blanc,

l’enfant sur le dos  d’un renne,

son bonnet à pointes,

l’homme qui vient au loin,

chargé d’une bête,

la longue trace des skis,

et l’aurore, aurore boréale,

les feux du renard,

ce qui dit la légende

la poussière lancée dans le ciel

par la queue du renard polaire

qui court sur la neige.

C’est le songe au couchant

d’un vieux moine

qui suit la migration des rennes

sur la piste d’une vigne

le long d’un mur 

qu’il regarde chaque jour

depuis qu’il a prononcé

ses vœux perpétuels.

 

2 commentaires:

  1. Time has a different meaning in places like this. My father was given passage on a freighter and stayed in Paris for a few months after he graduated from high school in Portland Oregon. He's been dead for 50 years, so I can't ask him the million questions that I never thought to ask when he was alive. Perhaps he's really alive and is the old monk. He'd be 109, so that doesn't seem likely.

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