lundi 21 juin 2021


Un jour

(Fleur de baguenaudier, Paris, 12ieme, 18 juin, 19h 10)

Un jour je serai mort

après je ne sais rien

alors au regard des fleurs

dans les éclats du ciel

je souris

à celle que je ne connais pas 

dimanche 20 juin 2021



Miniatures éphémères



 (Vaucresson, 16 juin, 16h 10)

« On est bien peu de chose

Et mon amie la rose

Me l’a dit ce matin… » 

samedi 19 juin 2021


Corto

(Paris, 12ieme, 18 juin, 19h)

J’habite un paquebot amarré le long de l’ancienne voix ferrée.

Je m’appelle Corto. Un jour je serai capitaine. 

Je monterai au dernier étage, on larguera les amarres.

Quand la mer sera là.

C’est ce que dit Justin.

Il ne faut pas le contredire.

Sinon il se tape la tête contre les murs.

Il faut juste  regarder chaque jour avec lui si la mer est arrivée. 

vendredi 18 juin 2021


Retour

(Hendaye, 8 juin, 19h 50)

Dans le chenal

un bateau à voile

douceur du retour 

jeudi 17 juin 2021


Photo volée

(Azay-le-Rideau, Indre-et-Loire, 13 juin, 18h 20)

Ouistiti, le mot pour faire sourire les enfants.

Une photo volée sur les bords de l’Indre un dimanche.

Un air de liberté quand semble se calmer la pandémie.

Un plein de couleur juste avant l’été.

Dans ce coin de paradis, on dirait qu’il n’y a qu’une seule et grande famille. 

mercredi 16 juin 2021


Une herbe

(Vaucresson, 16h 30)

Qu’était-il devenu?

Elle l’avait cherché, elle l’avait appelé.

Comment aurait-elle pu deviner qu’il était là, à deux pas.

Une herbe. 

mardi 15 juin 2021


Œdemère

(Œdemère noble sur Marguerite, Vaucresson, 18h 05)


Passer du temps au jardin.

J’attends que le soleil se pose sur la fleur.

J’attends que l’insecte se pose à son tour.

Il y a peu de temps avant que la maison des voisins ne cache le soleil.

S’il ne ne se passe rien, je vais dans un autre coin du jardin où parvient la lumière.

Ce soir un Œdemère noble est venu, je suis resté jusqu’à ce que l’ombre couvre la fleur.

Voici un coléoptère qui m’était inconnu avec un nom qui me ravit.

Œdemère noble, Œuf de mère noble, Eau de mère noble, Eau de mer noble, Nœud de mère noble…

Et Marguerite, qui était le prénom de ma grand-mère. 

lundi 14 juin 2021


C'est dimanche

(Aire de l’Océan est, Lesperon, A 63, Landes, 13 juin, 6h 45)

C’est dimanche. On ne roule pas.

Portière ouverte, tasse de café fumant sur le tableau de bord, à la radio un air de bandjo.

Marek est planté sur le macadam, mains dans les poches, clope au bec, à côté de son camion, sa maison, son avion.

Regard à l’est. C’est dimanche. 

Mési Bondyé

Gade kouman lamizé fini pou nou…

Planté sur l’Aire de l’Océan,

Tout le jour durant, il va suivre la course du soleil. 

Il n’a que ça à faire. C’est dimanche.

Mési Bondyé

Kade tout sa lanati pote pou nou...

 

dimanche 13 juin 2021

samedi 12 juin 2021


Le club Neptune 

(Hendaye, 10 juin, 21h 25)

Enfants, nous venions le soir escalader les portiques. Il y en avait cinq ou six les uns à la suite des autres, toute une flotte de bateaux pirates.

Il n’en reste qu’un, celui du club Neptune.

Un toboggan et quelques poteaux de bois plantés dans le sable semblent dérisoires dans ce monde sécurisé et formaté.

Pourtant, les enfants ont toujours les mêmes rêves.

vendredi 11 juin 2021


Les choses rondes et les choses longues 


(Hendaye, 10 juin, 21h 45)


C’était le soir.

Ils étaient étendus côte à côte sur le sable. Le vieux avait les mains croisées derrière la tête, une brindille dans la bouche. Arthur, les mains derrière la tête, mâchonnait sa brindille cueillie sur la falaise. Comme le vieux.

Le vieux avait dit:

Tu vois, Arthur, il y a des nuages ronds et des nuages longs, il y a des pierres rondes et des pierres longues, il y a des gens longs et des gens ronds, il y a des chiens longs et des chiens ronds, il y a des choses longues et des choses rondes.

La terre est ronde, la route est longue, la tortue est ronde, la girafe est longue, l’assiette est ronde, le couteau est long.

Il y a des mots ronds et des mots longs. Inexplicablement est un mot long. Tout est un mot rond.

Mouron est un mot rond mais un peu long quand même. Saperlipopette est un mot long mais un peu rond quand même.

L’univers, on ne sait pas. Il est rond et long à la fois, comme la mer.

Par grand vent ce qui est rond roule, ce qui est long oscille et tombe.

Sur les terres de tempêtes, ne vivent que les gens ronds et les animaux  ronds.

Moi, je suis rond et toi Arthur pour l’instant tu es rond, mais tu peu t’allonger, tu es encore petit, tu es en expansion.

Arthur n’avait pas bien compris le dernier mot. Il ne put demander d’explication, le vieux  s’était endormi.

Arthur regarda ses pieds. Il était encore bien plus court que le vieux, et le vieux se disait rond, alors…

Il ferma les yeux, rêvant aux tempêtes prochaines qui le rouleraient sur le sable jusque sur l’eau et pourquoi pas jusque de l’autre côté de la mer.

jeudi 10 juin 2021


Une mer intérieur

(Hendaye, 9 juin, 22h)

L’océan se repose

aucune vague

un simple ressac

celui d’une mer intérieure 

mercredi 9 juin 2021


Au bout de la plage

(Hendaye, 8 juin, 13h 20)

Au bout de la plage

Il y a le parfum des algues brunes

Il y a les rochers jumeaux

Qui veillent 

Depuis que l’homme est homme

Il y a le souvenir d’un enfant

Craignant de poser son pied

Sur une anémone ou un oursin

Cherchant à marée basse

Ce qui vit dans les trous d’eau

Au bout de la plage

Il n’y a plus d’oursins ni anémones

Il y a les algues sur le sable

Il y a l’enfant 

mardi 8 juin 2021


Hendaye

(Hendaye, 7 juin, 20h 45)

Hendaye

et mon cœur

comme la queue du chien 

lundi 7 juin 2021


À chaque fois

(Villedômer, Indre-et-Loire, 6 juin, 12h 05)

J’aime être sur la route

c’est ce que je lui dit

à chaque fois

elle sourit 

à chaque fois

c’est pour ça

que je l’aime tant 

dimanche 6 juin 2021


Miniatures éphémères

(Vaucresson, 5 juin, 16h 10)

Prendre la tangente 

samedi 5 juin 2021


Les petites dames 

(Philarmonie de Paris, 3 juin, 12h)

Elles vont par deux ou trois, seules plus rarement, les petites dames.

On les voit dans les expositions, les festivals de théâtre, dans les bois, au cinéma.

Elles vont côte à côte, elle parlent beaucoup, même quand elles courent.

Elles rient fort parfois. Elles parlent de leurs enfants et des livres qu’elles ont lus.

Elles attendent leur amie assises sur un banc, elles ont le temps, maintenant.

Elles n’ont pas toujours eu la vie facile les petites dames.

Dieu sait ce qu’elles ont porté et pourtant elles vont avec tant de légèreté.

vendredi 4 juin 2021


Échoué

(Saint-Laurent-du-Maroni, Guyane, 21 mars 2010)


Le lit est sous le toit

et la pluie tombe

à verse

le dos colle au drap

et la forêt danse

 

jeudi 3 juin 2021


Amazonia

(Exposition Amazonia, Sebastião Salgado, Philharmonie de paris, 14h 20)

S’en aller dans la photo sous le regard du gardien.

Je me souviens avoir participé à un travail avec le réalisateur Raoul Ruiz et le metteur en scène André Engel (Salut en passant à Arnaud qui était de la partie et qui fait souvent des photos dans les expositions) au cours duquel nous les acteurs en chair et en os nous nous enfuyions dans le film auquel nous assistions. Nous passions sous l’écran tandis que notre image filmée apparaissait. 

Je voudrais m’en aller dans chacune des photos de cette remarquable exposition.

Certaines images de la forêt sous la pluie sont si saisissantes qu’on en ouvrirait son parapluie.

Les ciels sont d’une intensité rare.

C’est notre première exposition visitée depuis bien longtemps. Une ode à l’Amazonie et à ceux qui y vivent.

Les photos, de très grand format, sont en suspension créant d’étonnantes perspectives. 

Une composition de Jean-Michel Jarre incluant des sons de la forêt et des voix indiennes accentue la sensation d’immersion.

À celui qui a été marqué au cœur par la jungle amazonienne, il ne manque que l’entêtant parfum de la forêt, cette moiteur qui saisit dès la descente d’avion.

Le noir et blanc des photos de Salgado sied si bien aux mystères de la jungle tropicale.

Et puis il y eut cette jeune femme qui allait  lentement d’une image à l’autre poussant un landau dans lequel un bébé de trois ou quatre mois attentif au moindre son écarquillait grand ses yeux.

J’écoutais, je regardais l’enfant,  puis les images et sans cesse revenait au regard de l’enfant, un regard qui dit l’intense désir de comprendre.

Et ce visage résonnait avec ceux des Suruwhá, des Asháninka, des Yawanawhá, des Yanomani, des Korubo, des Zo’é, des Marubo, des Macuxi, ces peuples que le photographe a côtoyés, à qui il dédie ce travail, les gardiens de la forêt qui l’ont accueilli.

Le visage de cet enfant, son attention, me bouleversait autant que les photos. Il me disait à quel point nous devions nous défaire de ce qui nous encombre afin de nous unir d’un bout à l’autre du monde pour préserver l’essentiel.

 

mercredi 2 juin 2021


Rue de la Calinauderie

(Parthenay, 25 mai, 17h 20)

Une rue grise et banale

un nom pétillant

sur le mur ce qui ressemble à des traces de balles

que s’est-il passé

rue de la Calinauderie? 

mardi 1 juin 2021


Au ruisseau des Arcis

(Pougne-Hérisson, Deux-Sèvres, 22 mai, 16h 10)

Ce que m’a dit la pierre au ruisseau des Arcis.

Un homme revenu de guerre

s’est couché là sur la dalle de granit.

Ses talons tremblants cognaient le rocher

et l’eau sur ses pieds fredonnait

des mots d’enfants,

des mots dits avant qu’ils ne s’usent.

Et les branches penchées sur son visage agité

murmurait des mots d’amours,

des mots d'avant le tonnerre.

L’homme est resté là longtemps

tandis qu’on l’attendait à la maison du pont.

Il est resté jusqu’à ce que s’en aille la terre entre ses orteils,

jusqu’à ce que cessent ses tremblements,

jusqu’à ce que le vent se calme entre les feuilles.

L’homme est resté là jusqu’à ce qu’il puisse ouvrir la porte de la maison du pont,

et dire bonjour.

La pierre ne m’a pas dit où l’homme avait caché sa peur. 

lundi 31 mai 2021

 

En ouvrant les volets

(Viennay, Deux-Sèvres, 17 mai, 6h 45)

Les murs gris

les camions sur la route

les voisins fantômes

le linge qui ne sèche pas

Il se dit que la vie ne vaudrait rien

s’il n’y avait le soleil à l’est

et le coq de Lucien

dimanche 30 mai 2021


Miniatures éphémères

(Parthenay, 28 mai, 19h 05)

Dans la galaxie du Pentatome italien

(ou Punaise arlequin, ou Graphosome rayé) 

samedi 29 mai 2021


l'œil de l'iris

(Pougne-Hérisson, Deux-Sèvres, 22 mai, 15h 40)

Dans l’œil de l’Iris

la promesse

d’une folle saison 

vendredi 28 mai 2021


Sous l'escalier

(Parthenay 28 mai, 21h 40)

Oubliée sous l’escalier

détachée du buste

posé là à quelques pas

dans l’obscurité du réduit

elle écoute chaque  pas  sur les marches

elle attend celui qui lui rendra son corps

jeudi 27 mai 2021


Un peu de pluie sur la mariée


( Cercope sanguin - Cercopis vulnerata - sur iris blanc, 

Pougne-Hérisson, Deux-sèvres, 22 mai, 15h 30)


De l’iris blanc perlaient quelques souvenirs.

J’ai vu l’œil de l’homme à bretelles penché sur la fleur.

Un œil plein d’eau, de soleil et d’oiseaux.

Un peu de pluie sur la mariée, une goutte de sang sur ses chaussures, du sable dans les ourlets,

nous nous sommes tant aimés, m’a-t-il dit.

Il ne savait plus son nom, il ne savait plus où, ni comment,

seulement la pluie, le sang et le sable,

et une joie immense. 

mercredi 26 mai 2021


Un bout d'enfance

(Parthenay, 22 mai, 11h 25)

Pour quelques pièces

j’ai retourné mes poches

j’y ai retrouvé un bout d’enfance

à déguster en société 

mardi 25 mai 2021


Des amis 

(Parthenay, 23 mai, 22h 30)

Les arbres aux remparts les grenouilles aux nénuphars

Savait leur parler mais pas les hommes aux maisons

Trop boiteux qu’il était le cœur en papillote

L’est passé  porte de l’Horloge au dessus du Thouet

L’est entré dans la nuit pour se faire des amis

lundi 24 mai 2021


Miniatures éphémères

(Pougne-Hérisson, Deux-Sèvres, 22 mai,15h 15)

Le passager de la pluie 

dimanche 23 mai 2021


Miniatures éphémères

(Le Nombril du Monde, Pougne-Hérisson, Deux-Sèvres, 22 mai, 13h 35)

Pause

sur le Nombril du Monde