dimanche 31 octobre 2021


Miniatures éphémères

(Buxerolles, Vienne, 28 février, 18h 10)

Élan 

samedi 30 octobre 2021


Tout ce ciel, toute cette mer

(Hendaye, 29 octobre, 19h 10)

Dans une demi heure il fera nuit. Petit à petit les surfeurs sortent de l’eau. Certains resteront jusqu’à ce qu’on ne discerne plus les vagues. Rassasié, je suis déjà sorti. Ce fut une belle journée. Fourbu, je regarde les autres, j’admire les traces sur les vagues, calligraphie aussi belle qu’inutile. Gorgé de mer, gorgé de ciel, dans deux jours je rangerai ma planche pour rejoindre la mystérieuse obscurité d’un théâtre. Dans la peau d’un vieil homme perché, je ferai mon possible pour tenir avec moi tout ce ciel, toute cette mer. 

vendredi 29 octobre 2021


La peau du ciel

(Hendaye, 28 octobre, 14h 55)

La peau du ciel

comme un coquillage en éventail

qui contient l’univers

un coquillage au cou du marin

un lacet de cuir sur la peau dure

un coquillage qui se balance

quand la nuit s’agite

quand l’homme tangue 

et finit tête en bas

l’univers au bord du trottoir 

jeudi 28 octobre 2021


L'unique trait de pinceau

(Hendaye, 8h 45)

L’unique trait de pinceau est l’origine de toutes choses, la racine de tous les phénomènes.


Shitao (1642-1707, peintre, calligraphe, poète chinois surnommé Moine Courge-amère) 


mercredi 27 octobre 2021


L'incertitude des nuages

(Hendaye, 19h 20)

La houle est tombée.

Elle revient demain. C’est écrit.

Je guette. Je guette les nuages, je guette la nuit qui vient.

Un vieil homme s’approche. Il semble désorienté.

Il me parle de rose des sables sur une étagère,

il me parle d’une plage de Casamance,

il me parle d’une cabane en haut d’un arbre,

il me parle d’une épave sur les rochers,

il me parle d’une maison qui n’existe plus,

il me parle des vaches sous l’arbre,

il ne cesse de parler.

Il me dit qu’il cherche son chemin, 

que ce soir les nuages sont incertains,

que ce ne sont même pas de vrais nuages,

des nuages qui savent où ils vont,

qu’il suffit de suivre pour rentrer à la maison,

non, ceux là sont incertains. 

mardi 26 octobre 2021


L'inquiétude des nuages

(Hendaye,19h 25)

Les nuages passent et se délitent.

Est-ce-que les nuages sont inquiets?

Demande l’enfant à sa mère.

Troublée, elle ne répond pas.

L’enfant se tait.

Il regarde le nuage changer de forme. 

lundi 25 octobre 2021


L'élégance des nuages

(Fontarabie vue d’Hendaye,19h 30)

Je sais la menace des nuages qui viennent sur le Jaïskibel,

prémices d’Embata, ou Enbata - je préfère le m au n pour  la forme de la montagne et le souffle du vent - Embata, bref coup de vent qui froisse la mer et lève le sable.

Pourtant, le premier mot qui me vient en regardant le ciel ce soir est élégance.

L’élégance des nuages. Elle incite à la patience.

L’élégance des nuages au dessus de la Bidassoa, fleuve frontière. Elle incite à l’accueil. 

dimanche 24 octobre 2021

samedi 23 octobre 2021


Au revoir

(Landévennec, Finistère, 8 septembre 2019, 7h 50)

La terre chaude dans le matin froid exhale un souffle de coton.

Nous irons dans la plaine rebondissant sur la nappe blanche,

nos pas silencieux, plus grands au dessus des champs.

Ce que  je dis à l’enfant qui babille derrière la porte fermée,

les yeux grand ouverts sur le petit jour filtrant à travers les volets.

Nous irons à la rencontre du soleil encore drapé d’un voile de nuit,

nous irons voir les biches apparaître aux lisières du brouillard.

Ce que je dis à l’enfant qui ne marche pas encore,

ce que je dis sur la pointe des pieds en lui disant au revoir. 

vendredi 22 octobre 2021


Les végétaux la nuit

(Saint-Jean-du-Maroni, Guyane, 3 avril 2019, 13h 45)

Les végétaux la nuit.

L’exhalaison de l’acide carbonique par la fonction chlorophyllienne, comme un soupir de satisfaction qui durerait des heures, comme lorsque que la plus basse corde des instruments à cordes, le plus relachée possible, vibre à la limite de la musique, du son pur, et du silence.


                                                                                                                 Francis Ponge



jeudi 21 octobre 2021


Bougonner

(Vers la Roche-Brulée, Azy, Belgique, 26 septembre, 13h 25)


C’est un arbuste de mauvaise humeur

il contredit la pente 

et tourne le dos à la rivière

la mousse lui donne des airs de préhistoire

il bougonne sur la pierre

c’est un arbuste que j’aime bien 

mercredi 20 octobre 2021

 

Un désir de ciel

(Ånnaboda, Suède, 14 juillet 2016, 21h)

Un désir de ciel

Le goût du ciel 

La musique du ciel

mardi 19 octobre 2021


Par la fenêtre

(Vaucresson, 20h17)

Lune pleine

la route qui démange

l’âme qui tangue

un nouveau départ

un bateau à aube sur le Mississippi

Muddy Waters à la barre

la même rengaine

de celui qui toute sa vie

dit qu’il partira

il suffit de regarder par la fenêtre

il suffit d’une feuille et d’un crayon

alors il y a les herbes jaunes

les saules jusqu’à l’eau

le chant des peupliers

la vague de l’étrave 

jusqu’aux berges

l’enfant qui agite sa main

le rire qui éclabousse

l’éclat bleu d’un martin pêcheur

la barque pleine d’eau

ballottée dans les roseaux

la barque qui coulera

aux prochaines pluies

il suffit de la voix d’un vieil ami

alors il y a le ponton de bois

la fille dans la taverne

qui toute sa vie 

dit qu’elle partira 

les coudes sur le bar

la liqueur dans la bouteille

le verre qui tape le bois

la bouteille qui tape le bois

le liquide épais sur les parois de verre

le revers de la main sur les lèvres

le rire qui éclabousse

l’éclat d’une boucle d’oreille

l’homme trop bu

affalé sur la table

l’homme trop bu 

qui aura oublié aux prochaines pluies

qui sera oublié aux prochaines pluies 

lundi 18 octobre 2021


La Fabulouserie

( Sculptures de Camille Vidal, La Fabulouserie, Dicy, Yonne, 17 octobre, 12h 20)


La Fabulouserie, collection d’art « hors-les-normes » réunie par Alain et Caroline Bourbonnais.


Venir ici, c’est pénétrer un rêve, des rêves.

Le guide est chaman, ou enfant.

Il est question de survie.

Chaque éclat, métal, bois ou pierre est parole.

Parole empêchée qui a trouvé son chemin dans l’inlassable, l’obsessionnel geste de l’artiste.

Chaque éclat, métal, bois ou pierre est naissance.

Créer pour être là, pour se tenir debout, pour apprendre le monde, la langue des autres.

Jouer et construire, fabriquer, l’artisan est chaman et enfant. 

Qu’est-ce que tu fabriques?

Je vis, j’essaye!


(Poupée de Tô Bich Hai)



 (Peinture de George Wilson)

La Fabulouserie, 1 rue des canes, 89120, Dicy, www.fabulouserie.com

dimanche 17 octobre 2021

samedi 16 octobre 2021


Les vieux indiens III *

(Marnes-la-Coquette, 11h 20)

L’automne est encore discret. Un peu de jaune et fraicheur matinale.

Les vieux indiens sont encore au bar-tabac, le Cristal, en face du parc.

Vol-au-Vent et Genoux-Écorchés éclusent en racontant l’été.

Vin blanc et poisson lune, un poisson lune de trois mètres pêché sous le pont des soupirs,

une tempête tropicale à Marnes-la-Coquette, des vagues plus hautes que le grand platane,

les yeux en amande d’une iroquoise marchant sur l’eau, l’éclat de ses pas dans le soleil de midi,

vin blanc et chasse au tigre, le regard du félin sur l’autre rive, la soudaine détente, arc de fourrure, jaillissement puis disparition, bruissement des feuilles, terrifiant feulement qui se perd dans le sous bois.

Les vieux indiens n’iront pas naviguer aujourd’hui. Le vin est  bon, l’été  a encore des secrets sous le coude.

Ophélie au fil de l’eau, Achab sur le pont, Ulysse ligoté, Jonas avalé…

Et quand les bouteilles seront vides, l’été raconté, Vol-au-vent et Genoux-Écorché retourneront à leur barque, leur barque immobile, leur barque à rêver, à se rêver en indiens. Il regarderont tomber les feuilles, ils regarderont les ronds dans l’eau, ils regarderont flotter les feuilles, jaunes, rouges ou brunes, ils regarderont les branches et leurs reflets.

Et quand l’hiver sera là ils iront au Cristal boire encore et raconter l’automne.

Et quand les bouteilles seront vides…..


*Billets du 27/11/ 2020 et du 11/02/2021

vendredi 15 octobre 2021


Le petit bruit des absents

(Vaucresson, 3 octobre, 20h)

Un petit bruit

dans le silence.

Le feu dans la cheminée?

Le plancher qui craque?

Le vent sous la porte?

Un ver qui creuse le bois?

Le moteur du frigo?

Une lampe qui grésille?

Une souris derrière le mur?

Un robinet mal fermé?

Un oiseau sur le toit?

Un petit bruit

un murmure

un souffle

si léger

le petit bruit des absents. 

jeudi 14 octobre 2021


S'envoler

(Place Stéphane Hessel, Paris 14ième, 18h)

En ville.

De plus en plus souvent, je vois des hommes et des femmes battre des bras, comme ça, soudainement.

On me parle de pathologies post-Covid, de bipolarité, de psychoses, de dérèglement hormonaux, de dysfonctionnements cognitifs, ou de troubles de coordination.

Moi, je crois qu’ils sont de plus en plus à vouloir s’envoler. 

mercredi 13 octobre 2021


Douce-amère

(Morelle douce-amère, Solanum dulcamara,  Vaucresson, 9 octobre, 10h 45) 

Douce-amère

Une morsure, une égratignure?

Trois gouttes de sang

On en ignore la cause

Soudain une plaie minuscule

Le rouge sur la peau

C’est beau

On lèche

Le rouge sur la peau

Ça pique, un peu

On lèche

Et puis on oublie 

mardi 12 octobre 2021


La lumière qui manque aux jours qui rétrécissent

(Arborétum de Chèvreloup, Rocquencourt, Yvelines, 11 octobre, 16h 35)

Les érables nous donnent la lumière qui manque aux jours qui rétrécissent.

La cheminée aussi, et puis les néons du bar tabac de la rue des Martyrs,

le phare qui tourne à la pointe du cap du Figuier, la grande roue de la fête à Neuneu,

le bout incandescent de la cigarette de celui ou celle qui attend,

la lune sur le toit, la flaque sous le réverbère,

la lampe de chevet, le livre en dessous,

Le Chant, de Guillevic.


page 161


Est-ce que le chant 

D’un oiseau


Aide un autre oiseau

À trouver son chant? 

lundi 11 octobre 2021


Petits bonheurs

(Arboretum de Chèvreloup, Rocquencourt, Yvelines, 16h)

Un nuage au dessus d’un arbre

son reflet dans le ciel

juste ça aujourd’hui 

dimanche 10 octobre 2021


Miniatures éphémères

Variation sur un brin d'Herbe

(Vaucresson, 9 octobre, 16h 58)

Petite bête



(17h 01)
Mise au point



( 17h 08)
Secret de coccinelle 

samedi 9 octobre 2021


Le Figuier

(Vaucresson, 10h 40)

Quand j’ai les nerfs à fleur de peau, je me cache dans le figuier.

En toutes saisons, j’y trouve un paysage où perdre mon regard, des rivières où noyer mes soucis, des mondes dont la nouveauté seule suffisait à occuper mon esprit, des estuaires que je rejoins de la haute mer pour remonter à la source.

À la belle saison je croque l’oubli dans les fruits murs, en hiver je m’égare dans l’entrelacs des branches.

Je suis reconnaissant à l’arbre d’avoir poussé penché, offrant son dos pour y grimper. L’arbre peut être cheval ou dromadaire quand le jardin s’étrécit.

C’est un arbre du sud, un arbre que j’ai vu grandir. Il faisait vingt centimètres quand je l’ai planté. Il supporte maintenant un homme et ses soucis.

C’est un cadeau. Le cadeau d’une amie peintre. Et j’ai autant de plaisir à m’y perdre que dans ses peintures. 

vendredi 8 octobre 2021


La première page d'un livre

(Forêt de Rambouillet, 12h 20)

Je suis déjà passé par ici.

C’était en février. Il y avait de la neige, des traces de pas dans la neige.

Le volet était ouvert, la vitre cassée. C’est cette ouverture, un oeil noir entre les arbres , qui avait attiré mon regard. Le 13 février, à la même heure exactement (cf post du 13 février).

Cette fois ce sont les ombres des feuilles sur les murs bleus qui m’arrêtent. 

Une écriture. Celle des arbres témoins de ce qui est advenu. La première page d’un livre.

Un enfant est né sous ce toit. Sans un bruit. Retenir le cri. D’instinct. L’instinct d’une mère qui depuis si longtemps contient son cri. Lèvres closes à l’instant de la mise au monde.

L’enfant comprend qu’il faut attendre, il faut attendre pour le cri, pour le chant.

Le regard de la mère, la joie dans son regard. Pas sur ses lèvres closes.

Elle emmaillote l’enfant de lambeaux d’étoffes qui disent le chemin parcouru.

Le cri d’une buse, dans le ciel. Alors la mère, la bouche collée à l’oreille de l’enfant, murmure, un murmure comme le pas d’une fourmi.

Écoute, c’est une buse. Au prochain cri de l’oiseau, vas y, donne lui ton souffle, ton cri ne fera qu’un avec le sien.

À nouveau, le cri de la buse dans le ciel. Et le cri de l’enfant, bref, comme le passage de l’oiseau.

C’est un garçon.

jeudi 7 octobre 2021


Des millions d'années

(Le Tréport, Seine-Maritime, 17 novembre 2019, 18h 10)

Ces falaises sont l’accumulation de squelettes d’animaux marin durant des millions d’années.

En France l’espérance de vie pour un homme est de 79,2 ans et 85,3 ans pour une femme. 

mercredi 6 octobre 2021


Un ami

(Vers la Roche Brulée, Azy, Belgique, 26 septembre, 12h)

Le sentier au dessus de la Semois est escarpé. Dans la pente, chaos de rochers et d’arbres morts.

En bas la rivière sommeille, les eaux sont basses, un léger bruissement. Le marcheur regarde où il met les pieds sur la terre glissante. Il ne peut pas voir la tête blanche fixée au tronc moussu au dessus du chemin. 

J’ai glissé sur une pierre humide. À la seconde où je me vis dévaler la pente, j’eus la sensation que quelqu’un me retenait par l’épaule. Figé dans un équilibre précaire, je regardai en bas. À-pic, éboulis, chablis, et l’eau, limpide. Je regardai en haut. Un visage en suspension dans le taillis.

Et cette chaleur étrange à l’épaule.

Une tête en plâtre. Aucun nom. Rien d’autre autour. Une sculpture accrochée à l’écorce, à peine tachée, récente sans doute, ou nettoyée régulièrement. Le buste d’un homme d’un autre temps, contemporain de Caspar David Friedrich, en pleine forêt, loin de tout, sur une pente abrupte.

Est-ce un hommage à un disparu? Un homme qui aurait fait un faux pas, roulé jusqu’au torrent et sombré dans les eaux boueuses? Un homme poursuivi qui se serait effondré au pied de cet arbre? Un homme amoureux de ces lieux qui s’y serait rendu chaque dimanche en famille tenant à leur prouver que le paradis n’était pas si loin? 

De retour à la maison, après plusieurs jours de recherches, je n’ai rien trouvé concernant cette tête. Il y a bien eu quelques noyés retrouvés dans la Semois, mais aucune ressemblance avec cet homme.

Ce dont je suis sûr, c’est que si nous nous étions rencontrés, nous aurions été amis. Mais n’est-ce pas ici une rencontre? Et si c’était Caspar David Friedrich, lui-même, celui qui a peint la beauté du chaos,  celui dont on dit que le tableau Deux hommes contemplant la lune aurait inspiré à Samuel Beckett l’écriture de En attendant Godot? 

Non, il ne ressemble pas au peintre romantique, son costume n’est pas de la même époque, je dirais plutôt fin dix-neuvième, début vingtième. Dommage.Je scrute ce visage, je ressens toujours cette chaleur à l’épaule. Tiens, il a les paupières légèrement tombantes, lui aussi, comme moi…   

mardi 5 octobre 2021


Zorro

(Bois de Vincennes, Paris, 30 septembre, 18h 05)

Chaque barque avait un nom. 

Quand le loueur les avait vus arriver, lui, cheveux gominés, fier comme un coq, elle, corsage largement échancré, ses grands yeux fixés sur son prétendant, paupières battantes, il leur avait choisi la barque Roméo.

Alors lui, dans un élan de virilité affirmée avait dit, la tête tirée vers le haut comme s’il voulait se faire plus grand qu’il n’était: Nous préférons la barque Zorro!

Et voilà qu’au moment d’embarquer, le canot s’éloigne du bord alors que l’homme aux cheveux gominés qui se voulait plus grand qu’il n’était a encore un pied sur le quai.

Le voici grimaçant, jambes écartées, bien trop écartées, grimaçant encore jusqu’à tomber à l’eau en criant un putain de merde en absolue contradiction avec ses manières de séducteur.

Refaisant surface devant les rires moqueurs du loueur et le regard dépité de celle pour qui il se donnait tant de mal, il eut soudain un accès de désespoir. Il ne serait jamais ni Roméo, ni Zorro!

Et il replongea aussitôt… 

lundi 4 octobre 2021


Couleur

(Azy, Belgique, 26 septembre, 10h 40)

Il utilisait des crayons de couleur

pour dire ce qui ne va pas 

dimanche 3 octobre 2021


Miniatures éphémères

(Forêt de Rambouillet, 8 septembre, 17h 45)

Premières livraisons d’automne 

samedi 2 octobre 2021


Code barre

(Chassepierre, Belgique, 25 septembre, 18h 40)

Je cherche la sortie 

vendredi 1 octobre 2021


Braquage

(Les Aldudes, Pyrénées-Atlantiques, 10 août, 17h)

Il étaient trois. Armés jusqu’aux dents. Pistolets et couteaux de bois. Ils sont arrivés pédalant et trottinant à toute allure. Arrêt brusque devant la terrasse du café, dérapages controlés, crissements de pneus. Ils sont venus vers nous, armes au poing, déterminés. Le plus grand a parlé.


- Hauts les mains! Fric, papiers, vêtements, bagnoles, on veut tout, on veut votre vie de grand! Et que ça saute!     

- Vraiment? Vous y tenez, à nos vies de grand? Votre vie de petit en échange?


En parlant je lorgnais le cochon à roulette. Ma voiture contre le cochon à roulette…