Prière
(Vaucresson, 8 mai, 10h 35)
Chaque matin, elle se levait au champ du coq, elle se drapait dans un châle de soie qu’elle tenait serré sur ses épaules et restait immobile sur le pas de sa porte fixant la cime des arbres à l’est jusqu’à ce que le soleil paraisse. Elle respirait profondément. Une mouche sur sa joue, une goutte de pluie, un coup de vent, une mèche de cheveux devant ses yeux, le chat contre ses jambes, un avion dans le ciel, un aboiement, une explosion, rien ne troublait son immobilité. Lorsque la lumière naissante éclairait son visage, elle souriait de toute son âme, faisaient l’inventaire des moindres modifications du paysage autour de sa petite maison et priait ardemment pour que la paix et les hommes reviennent.

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