Le Vent
Une histoire d'Arthur et le Vieux
(Hendaye, 29 août, 15h35)
Chaque rafale efface les traces, brouille le paysage, le vent souffle les vacanciers.
Regarde dit le Vieux à Arthur qui ne lâche pas sa main, il en passe dans le ciel tenant fermement leur sac et leur chapeau. Là bas il y en a un avec un gros ventre qui a atterri le cul sur une cheminée tout en haut d’un toit. Il regarde désespérément son cornet de glace, plus préoccupé par sa boule de chocolat piquée de grains de sable que par sa position un peu trop élevée. Une prochaine rafale le fera redescendre d’un coup. Sauvera-t-il sa glace?
Et là, surenchérit Arthur, Il y a maman accroché à un parasol où il y a marqué Orangina, tu crois qu’elle va voler jusqu’en Italie?
Et le chien qui bat les pattes le poil au vent, on dirait qu’il nage dans le ciel.
Ne me lâche pas dit le Vieux, j’aurais bien du mal à te rattraper.
Soudain Arthur sort de sa poche une bobine de fil de pêche, gardée précieusement depuis leur journée de pêche au mulet dans le vieux port. J’ai une idée, attache le fil à mon pied, je vais voler comme un cerf-volant.
Le vieux attache le fil à la cheville d’Arthur qui s’envole aussitôt, et le fil se déroule, se déroule, tandis qu’Arthur pousse des cris emportés par le vent.
Un peu inquiet, craignant de se faire tirer les oreilles par les parents d’Arthur, le Vieux rembobine le fil et Arthur redescend.
Qu’est-ce que t’a vu là haut?
J’ai vu jusqu’en Italie, où maman travaille, j’ai vu des girafes lever la tête, et des oies me frôler, j’ai vu le château d’Abadia bien plus petit qu’en vrai, j’ai vu la courbe de l’horizon et un bateau qui s’en allait très loin au dessus des moutons. Mais j’ai les yeux qui piquent, je crois que j’ai du sable.
Regarde comment faire pour enlever le sable de ton œil: Tu tire ta paupière du dessus par dessus celle du dessous, en rouvrant ton œil, le grain de sable va rester accroché sur la peau extérieur de la paupière du dessous. Voilà. Ça va mieux?
Oui, ça marche, et même qu’avec les yeux fermé comme ça, après m’être un peu tiré les paupières j’ai revu tout ce ce que j’avais vu, je l’ai revu comme des photos qui restent accrochées dans ma chambre.
Preciosa historia la del Viejo y Arthur. Todo un sueño imaginativo bien trenzado y narrado. La foto es extraordinaria con esa especie de neblina que produce el viento al levantar los granos de arena. Un buen trabajo.
RépondreSupprimer