Du pipeau
Une histoire de Rick Delaveine, Surfeur et batteur de jazz de renommée internationale
(Hendaye, 12 janvier 2025, 8h 05)
Rick est tanqué sur la jeté, posé sur le muret, dos à la mer. Hier soir, il ne se faisait pas de bile, il marchait en équilibre sur le bord du trottoir en chantant des onomatopées frénétiques comme un joueur de tablas sous acide. C’est à ce moment qu’il y a une diseuse de bonne aventure espagnole en bas résille parfumée d’envie qui lui a dit que le monde allait s’écrouler, pas que le monde, son monde à lui surtout. Il lui a demandé « Quand? ». Elle a regardé le ciel, elle a regardé la mer et elle a plongé dans ses yeux en faisant « Pronto…Tal vez ». Elle lui a claqué un baiser de braise sur les lèvres et elle a mis les voiles en se déhanchant. Rick s’est assis sur le muret face à la mer et il a plus bougé jusqu’à minuit. À minuit, les lampadaires se sont éteints, l’océan n’était qu’un trou noir, Rick s’est retourné côté terre, c’était un peu plus clair, ça caillait sec, mais il ne bougeait toujours pas. À quatre heures du mat, on a rallumé, il y a peut-être un gars dont c’est le boulot, appuyer sur l’interrupteur à minuit, réappuyer à quatre heures. Maintenant il y a le soleil qui se pointe, pas d’écroulement, et Rick est toujours là. Si rien ne se passe avant que vienne le premier promeneur de clébard, c’est que tout ça, c’était du pipeau, se dit Rick.
Once again you make a 90 minute mind-movie-- that can be read in less than 60 seconds. I've said it before, but with posts from you and Arnaud, I think I would give up, and let the bastards take my brain away.
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