Le Salaire de la Peur
(Hendaye, 16h 40)
On drague le chenal sur la Bidassoa, entre la France et l’Espagne, là-bas au bout de la plage. Le sable est envoyé par de longs tuyaux qui glougloutent dans des bassins de décantation aménagés sur la plage, puis emporté par d’énormes engins pour réensabler d’autres secteurs de cette belle plage de trois kilomètres. En voyant les larges traces des machines, je pense immédiatement à l’un de mes films préférés, Le Salaire de la Peur de H.G. Clouzot, où un groupe d’aventuriers échoués dans une bourgade isolée dans le désert, en Amérique centrale, doit convoyer deux camions chargés de nitroglycérine pour éteindre l’incendie d’un puit de pétrole. Deux camions, quatre chauffeurs. Un seul camion, un seul chauffeur arriveront entiers à destination. Le survivant se tuera au retour après avoir touché sa prime, loupant bêtement un virage. Il existe aussi un très bon remake de William Friedkin, Sorcerer. Ces films sont l’adaptation d’un roman de Georges Arnaud. Ces personnages de paumés qui jouent leur va-tout sont bouleversants et le suspense est intenable.
Le Salaire de la Peur? Sur une paisible plage où l’on promène son chien, où jouent les enfants, où les surfers se préparent? Bien sûr le chantier est sécurisé, mais si je pense à ce film, au-delà d’évocatrices traces, n’est ce pas parce que notre société est de plus en plus explosive?

Quelle magnifique photo ! Le noir et blanc l’anoblit, l’installe ailleurs, loin de nos temps si terriblement inquiétants.
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