Une vague de brume
(Hendaye, 27 février, 8h 05)
Voilà huit jours que je suis ici, à la source. Je surfe matin et soir, même si mon dos et mes muscles râlent. Je prends moins de vagues, j’ai plus de mal à me lever, mais c’est si bon d’être sur l’eau, de se faire remettre à sa place par les éléments. Il n’a jamais été question de lutter, mais d’accompagner, de faire avec, d’épouser. Ce matin là, au réveil je n’entends pas la mer, il y a moins de vagues, un épais brouillard enveloppe la ville. Je sors à sept heures curieux de la façon dont les brumes métamorphosent le paysage. À l’est tout disparait, les Deux Jumeaux, la falaise, la plage, ne sont plus là, avalés, la lumière ne passe pas. Je marche vers l’ouest, vers l’autre bout de la plage, vers l’Espagne, et soudain la brume se dissipe, la plage est une clairière tandis qu’en face une vague de brume épaisse engloutie le cap de Figuier. Une vague lente, très lente, aussi lourde que légère, cotonneuse, colorée par le soleil levant, que j’imagine surfer, avec les oiseaux.

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