mercredi 16 septembre 2026

 

Un peu perdu

(Marnes-la-Coquette, 17h 50)

Il était un peu perdu. Il marchait depuis une heure, il était passé devant les grands platanes, des platanes si hauts qu’on ne peut pas les oublier, il avait fait le tour de l’étang, sans oiseaux ni tortues aujourd’hui, il avait salué un pêcheur, sa tête lui rappelait quelqu’un, mais qui? Ce pêcheur n’était pas très bavard, il ne s’est pas attardé. Au début d’un sentier qui suivait un ruisseau il y avait un panneau de bois nu. Une feuille accroché, quelques traces, mais rien d’autre, un panneau qui ne servait à rien. Si seulement il y avait un plan, une indication, une flèche, ça lui serait utile car il se sentait de plus en plus égaré. Il regardait intensément le bois nu, inquiet, fouillant sa mémoire brouillée. Soudain il s’est souvenu. La statuette d’un homme à tête de vache sur le piano,  une statuette africaine en métal noir, et la partition dédicacée chaleureusement à sa grand-mère, une valse lente de Germaine Lavigne intitulée doux vertige. Il voyait tout avec une extrême précision, le piano, jusqu’aux veines du bois, sa grand-mère avec son imposante coiffure maintenue par des épingles munies de perles, le salon, avec la méridienne qui fut son navire quand enfant il jouait à Moby Dick, le piano était la baleine. Il voyait la maison, le jardin, la rue, le chemin jusqu’au parc, par les platanes, l’étang, où pêchait son grand-père, et le retour par le ruisseau. C’est bon, il était dans la bonne direction. Il n’ y avait pas urgence à se faire faire une IRM cérébral comme lui avait indiqué son médecin.

2 commentaires:

  1. Bonito texto lleno de nostalgia. La foto me gusta por el contraste entre las hojas y el fondo.

    RépondreSupprimer
  2. I like the way the green contrasts with the grey--- Another excellent story. I'm so glad to find you on Instagram!

    RépondreSupprimer