mardi 26 avril 2016


 Une photo du fond de ma poche


Dans le fond de ma poche, il y a des pierres, des herbes et des arbres, il y a des femmes dévêtues, des soldats de plastique et des bateaux à vapeur, il y a des couteaux, des mammouths et des bisons, il y a  des coquelicots, quelques  abricots et des cerisiers en fleur, il y a des blés murs, des trains électriques et du linge qui sèche, il y a des avions à réactions, des papillons et des camions, il y a des livres, du papier et un crayon, il y a des villes, de la pluie et des chansons.
Un jour, je jouais de l’orgue de barbarie sur une place de village quand un enfant me demanda les yeux écarquillés: comment tu fait la musique? Je pris alors un carton et lui montrais les trous.
« Tu vois quand je voyage, et je voyage beaucoup, dés que j’entends de la musique je l’attrape avec une épuisette, où avec les mains si elle n’est pas trop chaude, je la conserve dans des petites boites de bois et à mon retour je la glisse dans tous ces trous. Et quand je passe le carton dans la machine, les trous se mettent à chanter fort. La musique, elle est là, dans les trous, tout entière, écoute. » Je collais le carton contre son oreille et attendis. Il me dit alors avec un grand sourire: « oh oui, j’entends! »
Aussi, quand l’appareil photo s’est déclenché au fond de ma poche, il y a saisi tout ça, les autos, les bateaux, les chameaux, les tuyaux, les ciseaux, les poteaux, les couteaux, les bouleaux, les copeaux, les calots, des calots de verre, chinois et américains…

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