mardi 5 décembre 2017


Une journée dans l'Oise


(Potager du Roi, Versailles, 20 octobre)

La route est boueuse, le ciel terne, la terre nue. Les quelques feuilles qui pendent  encore aux branches sont racornies, la rivière est figée dans la brume. Je traverse des villages déserts où des panneaux «à vendre» sont accrochés aux portes de maisons froides, où les derniers commerces ont baissé leurs rideaux de fer.
Et puis je joue dans une petite école où tout le monde est réuni, du plus petit au plus grand. Les joues sont rouges, les yeux brillent, il y a des rires et des soupirs.
Et puis il y a deux mésanges dans un arbuste qui picorent une boule de graisse placée là par une personne attentionnée.
Et puis il y a le papier peint toile de Jouy au mur de la chambre d’hôtel. Le même papier qui couvrait les murs du salon de cette grande maison dans la montagne où j’ai tant appris.
Il y avait une terrasse ombragée à l’arrière de la maison où l’on venait en été discrètement faire sa toilette dans des tubs de zinc. La vision de la femme que j’aime, dans l’encadrement de la porte  vitrée qui donnait sur la terrasse, sa peau blanche, le vert sombre des arbres, ses gestes d’une grâce infinie, l’eau qui coule, cette image est imprimée à jamais.
Et puis il y a sa voix, au téléphone. Elle me parle du manteau qu'elle coud, un manteau de toutes les couleurs.

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