Non, tout n'est pas foutu
(Centre culturel suédois, Paris 3ième, 15h 45)
Nous marchons dans Paris. Il fait beau. Nous nous rendons à une manifestation pour le climat. Dans le quartier du Marais, il y a du monde sur les trottoirs, c’est un défilé de mode, des jeunes filles portable en main font la queue devant des boutiques de marque, les touristes défilent chargés de leurs derniers achats. Place de la République nous sommes quelques milliers à manifester, mais beaucoup moins que les huit cent mille personnes qui sont allés écouter le pape sur les Champs Élysées, et moins encore que tous ceux qui sont venus en ville pour faire les boutiques. Je me souviens d’échanges avec de jeunes anglaises quand nous étions adolescents au cours des quels nous parlions de nos hobbys. Nombreuses étaient celles qui parlaient de shopping. Nous étions si insouciants! Place de la République, ce sont les jeunes qui ont le plus d’énergie. Quand deux très jeunes gens prennent la paroles à la tribune avec une fougue contagieuse, je me dis que non, tout n’est pas foutu, même si je sais qu’ils ne sont encore qu’une minorité.
Sur le chemin, nous avons fait une pause à l’institut culturel suédois. Quelle joie de voir toujours accrochée cette suspension de Curt Asker, Artiste suédois que Sophie avait rencontré dans la fin des années soixante dix, et qui avait exposé ici en quatre vingt deux. L’œuvre y est sans doute depuis cette exposition. Curt Asker créait des cerfs-volants, des suspensions, qui altéraient notre sensation de l’espace, comme ici ces routes qui se croisent dans le vide, il créait des portes dans l’espace temps.
La fougue de jeunes militants, la force de l’échappée artistique, non tout n’est pas foutu.

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