samedi 6 juin 2026

 

Il est minuit, je ne dors pas

(Vaucresson, 24 mai, 10h 30)

Il est minuit, je ne dors pas, le corps contraint par cette longue cicatrice qui court sur ma poitrine. Je me lève, je m’assois sur le fauteuil, je soulage mon dos, j’écris, je pense en immobilité, en couleurs, je fais naître des images qui soulagent comme cette araignée prise dans les plis d’une rose qui se dit qu’elle n’est pas chez elle et pourtant en harmonie avec la fleur. L’hopital est silencieux, combien de pensées d’insomniaques courent dans les couloirs. Je pense à ma Sophie, ma morphine disais-je à l’infirmière. Je dois reconnaître que je suis un peu cabot, les soignants n’ont pas fréquemment sous la main un surfer comédien de plus de 70 ans qui n’a été hospitalisé qu’une fois à vingt après avoir craché le feu en faisant un saut périlleux sur la place de l’Horloge à Avignon. Mon dieu qu’il est bon de rire et parler. Les amis sont là, la famille est là, proches ou loins, nous ne sommes pas grand chose, l’essentiel, c’est ce lien qui nous unis entre joie et souffrance tous êtres vivants que nous sommes.

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