Le Pas de la Tortue et la finale de la ligue des champions
(Vaucresson, 31 mai, 1h 50)
La lune est pleine, ronde comme un ballon de football. Je joue Le Pas de la Tortue dans un atelier d’artiste de Belleville devant une trentaine de personnes. Partout dans le quartier les cafés sont pleins de jeunes gens portant les couleurs du PSG agglutinés devant des écrans télé. Dans l’atelier, l’assistance est attentive, une écoute délicate tandis que je raconte mes histoires entre les installations de Colette, les dessins de Christina et mes photos. Au 152 rue Saint-Maur se construit une île à l’écart du tumulte. Alors que je raconte l’histoire de Lucien, ce paysan au bout du rouleau qui doit se faire violence pour rejoindre ses semblables, aller où il y a du monde, soudain, l’extérieur explose, pétards, mortiers, feux d’artifice, cris, chants. le PSG vient de marquer le but de la victoire, la pétarade prend la main, et je dois finir le spectacle en naviguant entre les coups de boutoir d’une joie exacerbée. Plus tard, après avoir démonté et chargé mon matériel, je suis effaré par la circulation dans la capitale. Klaxons, sirènes, pétards encore, jeunes gens sur le toit des voitures, accrochés aux portières, souvent cagoulés, motos en roue arrière, scooters en zig-zag, et tous portant ces maillots aux couleur de leur héros, arborant sur le devant le nom du sponsor du club, le Qatar, un pays bien peu vertueux, loin s’en faut. Tout au long du trajet jusqu’à chez moi dans cette nuit torride, cette agitation m’inquiète autant qu'elle m'attire, je ne peux me joindre à cette liesse qui me fait l’effet d’irrationnels sursauts d’un monde en perdition. En arrivant c’est le silence et la lune prise dans les feuilles agitées par une légère brise qui me rassureront.

El fútbol, siempre el fútbol. Levanta pasiones de manera increíble. No parece que haya nada que pueda pararlo.
RépondreSupprimerAbrazo