Le parfum de la bouse de vache
(Hôpital Stell, Rueil-Malmaison, 16h 35)
Sur un banc, à l’ombre d’un érable, nous papotons avec Joaquim, comme deux vieux sur leurs chaises de paille calées contre un mur blanc sur la place d’un village du Portugal où les maisons basses jettent des ombres noires sur le pavé. Joaquim est mon compagnon de convalescence depuis quelques jours. Nous partageons notre quotidien avec nos doutes et nos joies, impatients de nous en aller rejoindre nos bien aimées. Nous parlons de la mort, de ce sentier ascendant avec au bout un virage et derrière l’inconnu, nous parlons de l’excitation d’aller voir ce qu’il y a derrière. Nous échangeons encore quelques souvenirs d’enfance. Joaquim me raconte comment sa grand-mère, à la ferme, lorsqu’une fois par semaine elle faisait le pain, couvrait la porte du four de bouse de vache pour conserver la chaleur. C’est soudain le parfum de la bouse de vache qui nous réunis et nous rend formidablement vivants.

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